l\'indigné

L'ère des robots traders est arrivée

 

 

 

 

Il a fallu trois ans pour que les salaires chutent de 20% à 25% en Espagne dans l'industrie (l'Espagne est ainsi redevenue concurrentielle au prix d'une désintégration et d'un grand bond en arrière social sans précédent)... et il faut moins de trois mois aux Japonais pour rattraper leur retard, de façon indolore, sans amputer les revenus et sans supprimer un seul emploi.

Vu le plongeon du yen qui avantage surtout les entreprises nippones en concurrence frontale avec leurs rivales germaniques, Angela Merkel ferait bien de se mettre rapidement en contact avec Huw Pill afin d'évaluer de combien devrait être abaissé le coût du travail en Allemagne.

INFOGRAPHIE - Le taux de fécondité a nettement baissé dans les pays les plus touchés par la crise. L'Institut de démographie de Vienne tire la sonnette d'alarme. La France reste une exception

Écrit par : Citoyenactif | samedi, 19 avril 2014

 

 

 

 

On a beau accuser la spéculation, les paradis fiscaux, l’opacité et le manque de contrôle de l’industrie financière – en particulier des hedge funds –, la menace de dépression, voire d’effondrement qui pèse sur l’économie mondiale n’est pas due au manque de contrôle ; elle est due à l’incapacité du capitalisme de se reproduire. Il ne se perpétue et ne fonctionne que sur des bases fictives de plus en plus précaires. Prétendre redistribuer par voie d’imposition les plus-values fictives des bulles précipiterait cela même que l’industrie financière cherche à éviter : la dévalorisation de masses gigantesque d’actifs financiers et la faillite du système bancaire.

 

La crise du système se manifeste au niveau macro-économique aussi bien qu’au niveau micro-économique. Elle s’explique principalement par un bouleversement technoscientifique qui introduit une rupture dans le développement du capitalisme et ruine, par ses répercussions, la base de son pouvoir et sa capacité de se reproduire. J’essaierai d’analyser cette crise d’abord sous l’angle macro-économique [1], ensuite dans ses effets sur le fonctionnement et la gestion des entreprises [2].

 

  1. L’informatisation et la robotisation ont permis de produire des quantités croissantes de marchandises avec des quantités décroissantes de travail. Le coût du travail par unité de produit ne cesse de diminuer et le prix des produits tend à baisser. Or plus la quantité de travail pour une production donnée diminue, plus le valeur produite par travailleur – sa productivité – doit augmenter pour que la masse de profit réalisable ne diminue pas.
  2. On a donc cet apparent paradoxe que plus la productivité augmente, plus il faut qu’elle augmente encore pour éviter que le volume de profit ne diminue. La course à la productivité tend ainsi à s’accélérer, les effectifs employés à être réduits, la pression sur les personnels à se durcir, le niveau et la masse des salaires à diminuer. Le système évolue vers une limite interne où la production et l’investissement dans la production cessent d’être assez rentables.

 

 « Spectacle à tous les étages ! | Page d'accueil | Les croûtes de Bush »  vendredi, 28 février 2014 Farce tranquille du capitalisme patient - zebre plus ultra

 

 

 Si le quart des gens étaient au courant de l'information qu'il y a dans ce tableau, il y aurait une révolution avant demain matin! 
Ces chiffres sont ceux des américains et je sais que quelqu'un finira par dire que c'est différent ici. Oui nous sommes pire comme l'indiquait Léo-Paul Lauzon dans son blogue ce matin: 
«Même l’organisme patronal du Conference Board a reconnu récemment que les inégalités de revenu progressaient plus vite au Canada qu’aux Etats-Unis (14 septembre 2011). Plus vite qu’aux States, le pays le plus inégalitaire des membres de l’OCDE. Pas plus vite qu’en Suède, qu’au Brésil ou qu’en France, mais plus vite chez l’oncle Sam. Pourquoi vous pensez?»
source de la photo: http://www.nytimes.com/2011/09/04/opinion/sunday/jobs-will-follow-a-strengthening-of-the-middle-class.html?pagewanted=all&_r=0

 

 

L’essoufflement de la croissance dans les années 1970 avec ralentissement de la croissance et la montée de l’inflation provoque une baisse des gains de productivité et des profits des entreprises cf l'effondrement du SMI. le taux de profit plonge. La perte d’efficacité des méthodes tayloriennes d’organisation du travail entraîne la montée des conflits sociaux à propos de la distribution des revenus. Le capitalisme va devenir un capitalisme actionnarial. cf La vitesse n'est que..., l'Etat et la noir finance : NOIRE FINANCE - La grande pompe à phynances - Arte EP01.flv


On assiste à un vaste processus de transformations économiques, sociales, politiques à l’échelle mondiale. C’est l’émergence d’un nouveau capitalisme mondialisé sous l’effet de deux grandes forces : les nouvelles technologies et la globalisation financière. Ainsi s’opère une transition vers une nouvelle forme de capitalisme dominé par la finance et le savoir. Le nouvel état de l’économie porte plusieurs noms : le new age : âge d’or illustré par le modèle américain = croissance économique forte et durable (grâce aux nouvelles technologies et l’économie de marché) ou encore la nouvelle économie qui est l’ensemble des entreprises appartenant au secteur des nouvelles technologies de l’information et de la communication et dont le développement économique est fondé sur internet dans un nombre toujours plus grand d’activités). " cf Comment s’endetter ? , révolutions technologique , Qu’est ce que c’est… La restructuration ?

 

 Les différentes structures du système capitaliste

 

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Le nouveau capitalisme

 

« Le capitalisme est en train de se transformer et connaît une nouvelle étape dans son évolution historique : c’est le passage du « capitalisme fordiste », qui a prévalu dans l’après-guerre, au nouveau « capitalisme actionnarial » (…)

 

Ce régime de croissance rapide s’est essoufflé à partir des années 1970 avec le ralentissement de la croissance et la montée de l’inflation. La décélération des gains de productivité a été un facteur décisif et est allée de pair avec une baisse des profits des entreprises. Cette évolution résulte de la perte d’efficacité des méthodes tayloriennes d’organisation du travail ainsi que de la montée des conflits sociaux à propos de la distribution des revenus, conflits qui créent des tensions inflationnistes. Les événements de 1968 et l’échec des accords de Grenelle en France en sont l’illustration.

 

La crise du capitalisme fordiste résulte aussi de la déstabilisation du Système monétaire international (SMI). Les rythmes d’inflation différant selon les pays, le régime de changes fixes – qui assurait la stabilité des monnaies entre elles dans le cadre du SMI de Bretton Woods – est remplacé par un système de changes flexibles en 1973. Cette crise du SMI vient fragiliser (…) les économies [qui] deviennent de plus en plus interdépendantes. C’est le début du processus de mondialisation. (…)

 

 

Les débuts du « capitalisme actionnarial »

A partir de la fin des années 1970, en réaction à la crise du régime fordiste, les politiques économiques changent de cap dans les principaux pays industrialisés. Ces politiquent prennent place dans trois domaines principaux : une nouvelle régulation macroéconomiques, la libéralisation du système financier et, en France, la privatisation de la quasi-totalité des grandes entreprises industrielles et financières.

 

Les principaux piliers du régime fordiste sont remis en cause. Les politiques de rigueur salariale déconnectent l’évolution des salaires de celle des gains de productivité, les politiques de libéralisation et de privatisation font reculer la régulation publique et les réformes financières  bouleversent la logique du système financier : l’économie d’endettement administrée fait place à une économie de marchés financiers libéralisée. A la suite de ces choix politiques et idéologiques, un nouveau régime de croissance se met progressivement en place : le « capitalisme actionnarial », dans lequel la finance de marché joue un rôle central. La création de richesse financière par les entreprises en constitue le cœur. (…) Ses principales caractéristiques sont : (…) le rôle primordial des marchés d’actions et des investisseurs (…), la prépondérance de la logique actionnariale induisant de nouvelles formes de gouvernement d’entreprise ; (…) la perte d’autonomie des politiques économiques face aux marchés financiers (…) »

 

Extraits de D. Plihon (2003), Le nouveau capitalisme, Paris, La Découverte, coll. Repères, pp. 48-

 

 

 

 

2)      Qu’est-ce que la libéralisation des marchés financiers ? A quoi servent les marchés financiers ?

 

 

Les vingt dernières années ont été témoin de la libéralisation du secteur financier dans la plupartdes pays de l’OCDE. L’objectif premier était d’accroître l’efficacité du système financier, mais les implications macro-économiques ont sans doute été au-delà de cet objectif, affectant les fluctuationsdu cycle et les mécanismes de transmission des politiques monétaires et fiscales. Plus précisément, la déréglementation financière, avec une compétition accrue dans le secteur des services financier, devrait avoir relaxé les contraintes de liquidité des ménages, grâce à l’extension des crédits, et permettre ainsi un niveau de consommation plus élevé.

 

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Complexe et inévitable
Prenons par exemple le krach boursier de 1987. A l'été 1987, le marché boursier était devenu extrêmement suracheté et une correction était inévitable, peu importe à quel point l'avenir semblait prometteur. Entre le plus haut d'août 1987 et le plus bas d'octobre 1987, le Dow Jones a dévissé de 41%. Comme nous le savons tous, le Dow n'a cessé de monter les 20 années suivantes, pour atteindre un plus haut en octobre 2007 à 14 198.

Il n'y a pas de
hasard
une crise financière n'arrive pas par hasard mais après une longue période d'excès (politiques monétaires expansionnistes et/ou politiques budgétaires conduisant à une croissance excessive du crédit et à une spéculation excessive). Le problème réside dans l'établissement du moment de début de la crise. En général, comme c'était le cas en Asie dans les années 1990, les conditions macro-économiques se dégradent bien avant le début de la crise. Toutefois, les politiques monétaires expansionnistes et une croissance excessive de la dette peuvent allonger la durée du développement économique pendant une très longue période.Écrit par : L'indigné | 08/03/2014

 

Souvenez-vous des déclarations de Greg Smith, ancien responsable des ventes de produits dérivés basé à Londres chez Goldman Sachs -- requin parmi les requins :

"Les intérêts du client continuent d'être mis de côté dans le fonctionnement de l'entreprise... Cela me rend tout simplement malade de voir à quel point les gens peuvent parler sans gêne de voler leurs clients. Sur les 12 derniers mois, j'ai vu cinq directeurs gestionnaires différents traiter leurs clients de 'marionnettes', parfois dans des e-mails en interne... Ces jours-ci, la question la plus fréquemment posée par les analystes juniors au sujet des produits dérivés, c'est "combien d'argent avons-nous gagné sur le dos du client ?" cf En savoir plus sur Goldman Sachs :  Goldman Sachs - La banque qui dirige le monde on Vimeo,Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde | Goldman ... - Arte,Maître du monde , La banque Goldman Sachs - YouTube,La banque _ comment Goldman Sachs dirige le monde - YouTube

 

Une industrie financière se constitue qui ne cesse d’affiner l’art de faire de l’argent en n’achetant et ne vendant rien d’autre que diverses formes d’argent. L’argent lui-même est la seule marchandise que l’industrie financière produit par des opérations de plus en plus hasardeuses et de moins en moins maîtrisables sur les marchés financiers. La masse de capital que l’industrie financière draine et gère dépasse de loin la masse de capital que valorise l’économie réelle (le total des actifs financiers représente 160 000 milliards de dollars, soit trois à quatre fois le PIB mondial). La « valeur » de ce capital est purement fictive : elle repose en grande partie sur l’endettement et le good will, c’est-à-dire sur des anticipations : la Bourse capitalise la croissance future, les profits futurs des entreprises, la hausse future des prix de l’immobilier, les gains que pourront dégager les restructurations, fusions, concentrations, etc. Les cours de Bourse se gonflent de capitaux et de leurs plus-values futures et les ménages se trouvent incités par les banques à acheter (entre autres) des actions et des certificats d’investissement immobilier, à accélérer ainsi la hausse des cours, à emprunter à leur banque des sommes croissantes à mesure qu’augmente leur capital fictif boursier.

 

 

 

 

 

La vitesse n'est que l'autre face de la mondialisation - Source Les Echos - Aout 2001.

 

Et quelle meilleure preuve de l’état de dégradation des monnaies fiduciaires que la bulle bitcoins ? Les bitcoins ?, vous demandez-vous sûrement, mais qu’est-ce donc ? Une monnaie de Monopoly ?

 

le bitcoin, son origine, son fonctionnement, .
Pas tout à fait. Les bitcoins sont une nouvelle monnaie… qui déchaîne les passions. A la base, les bitcoins ont été inventés en 2008 par Satoshi Nakamoto, illustre inconnu qui, selon les nombreuses spéculations sur son identité, pourrait cacher un ou plusieurs développeurs.

 

Le principe de base de bitcoins, reposent sur un algorithme particulièrement compliqué. Mais doté d’un très puissant ordinateur, et de solides capacités d’informaticien, vous pouvez résoudre des problèmes mathématiques et devenir un “mineur” de bitcoins. Les algorithmes à résoudre deviennent automatiquement de plus en plus complexes, ce qui permet de maîtriser la quantité et le rythme de mise sur le marché des bitcoins.

 

Un flou artistique flotte sur les raisons de ce plantage. Problème informatique ? Piratage ? Quoi qu'il en soit, ce sont environ 750 000 bitcoins qui sont pour le moment (?) inaccessibles à leurs légitimes propriétaires. Soit environ 35 millions de dollars au cours officiel du bitcoin.

Un coup rude pour la monnaie virtuelle. D'autant plus qu'il n'est que le dernier d'une longue série. Plusieurs membres de la Fondation Bitcoin, une association américaine dont l'objectif est de promouvoir et de défendre la monnaie virtuelle, ont été arrêtés pour blanchiment d'argent. Pas de quoi donner une bonne image de marque au bitcoin.

Outre des problèmes récurrents de sécurité (le bitcoin est régulièrement victime de tentatives ratées ou réussies de piratage et de manipulation) ainsi que les questions de confiance s'est dernière ajoutée une nouvelle menace : celle des Etats.

La Russie et la Chine viennent ainsi de déclarer la guerre au bitcoin.

Début février, le Procureur général de la Russie a déclaré que "l'introduction sur le territoire de Russie d'autres monnaies est interdite". En gros, le bitcoin est interdit en Russie, aussi bien pour les particuliers que les entreprises. Une ligne dure...

La Chine, en janvier, avait elle aussi limité l'utilisation de la monnaie virtuelle en interdisant aux banques de proposer des services liés à elle -- les particuliers étant toujours libres de l'utiliser. Certains sites, comme Baidu, avaient alors décidé de bannir le bitcoin. Des décisions qui avaient provoqué un krach du bitcoin en yuan.

Est-ce pour autant la fin du bitcoin ? Des pays comme les Etats-Unis ont reconnu son potentiel et son utilité, l'Allemagne l'a même reconnu officiellement. La France et l'Union européenne gardent quant à elles des positions mitigées, soulignant les dangers de cette monnaie. Mais pas d'interdiction en vue pour le moment.


 

cf

La vitesse n'est que l'autre face de la mondialisation - citoyenactif

 

 

 

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Le nouveau capitalisme

 

L'ère des robots traders est arrivée
Par Sylvain Frochaux, directeur de la recherche chez Straight from The Lab | 03 Mars 2014

La folie des robots bat son plein.

GOOGLE multiplie les achats de fabricants d'humanoïdes pour construire un futur automatisé et (espérons-le) intelligent.

Mais l'emprise des robots sur les marchés est déjà une réalité : des machines utilisant des algorithmes effectuent chaque jour entre 50% et 66% des transactions boursières. Avec parfois des accidents comme le flash crash du 6 mai 2010.

 

Depuis déjà un certain temps, la recherche académique se penche sur le phénomène du trading à haute fréquence et explique comment l'investisseur lambda peut se protéger de l'invasion des robots.

Des robots qui courent, voient en trois dimensions et investissent sur les marchés.



Nous allons devoir nous habituer à côtoyer des machines de plus en plus nombreuses et de plus en plus sophistiquées. Lancé dans une véritable course à l'armement technologique, Google a récemment acquis huit sociétés fabriquant des robots, dont certains ont l'air terrifiant, comme le LS3.



Parmi elles, Boston Dynamics résume le mieux l'avenir proche. Son humanoïde Atlas est capable de "soulever, porter et manipuler l'environnement".

 

Mais qu'on se le dise, d'autres machines manipulent déjà les marchés : les super-ordinateurs appliquant des algorithmes sophistiqués assurent une transaction boursière sur deux – ou deux sur trois, selon les estimations.



Actifs sur tous les types de marchés, ces "traders" à haute fréquence réagissent à la milliseconde aux nouvelles pouvant faire bouger les cours, par exemple la publication de statistiques américaines.

Pour gagner encore en rapidité, ces machines sont positionnées le plus près possible des bâtiments de la bourse (où les loyers dépassent bien sûr l'entendement).

Vous avez une nanoseconde ?

Pourquoi, me direz-vous ? Cette première étude* décrit pourquoi un investisseur humain n'a aucune chance face à ces machines sur certains types de trades.

Analysant les données d'un ETF sur le S&P 500, les chercheurs démontrent qu'un retard de 300 millisecondes diminue significativement les performances des stratégies basées sur les réactions aux nouvelles économiques.

Même armé de la meilleure volonté et de la meilleure dose de café du monde (voire d'autres substances), un humain n'a donc aucun espoir de performer face aux robots qui réagissent en une fraction de seconde.

Une nanoseconde – un milliardième de seconde – peut faire la différence entre un gain et une perte.

Moralité, vous avez tout intérêt à éviter les stratégies basées sur la réaction de (très très) court terme aux nouvelles économiques.

Et, par extension, à éviter toutes celles où la rapidité est un avantage certain (souvent au détriment de la qualité).

Vous aurez, en revanche, tout à gagner à apprécier votre bon café, avec toute la lenteur que cela suppose – ce que les machines ne pourront jamais faire – et toc !

Pour vous aider d'ailleurs à développer votre propre stratégie, en fonction de vos besoins, je vous recommande d'ailleurs le Sommet 2014 de l'investissement organisé prochainement par Inside ALPHA et dans lequel j'animerai plusieurs sessions.

Vous y découvrirez tout ce que vous devez savoir pour maîtriser les trois piliers essentiels à tout investissement : 1) la recherche d'alpha (où comment dénicher de la surperformance sur les marchés) ; 2) le money management (où comment contrôler le risque) ; et 3) l'exécution (où comment s'assurer que le plan se déroule sans accroc).

Un exemple de ce qui vous attend
Voici un exemple de la performance d'une des stratégies que je vous présenterai lors de ce Sommet, parmi la bonne dizaine que je disséquerai en direct.

Mais revenons à nos robots, puisque leurs concepteurs visent bel et bien un but ultime : que les ordres boursiers soient transmis à la vitesse de la lumière.

Réduire la distance physique entre les robots et les serveurs des bourses mondiales est un premier moyen de tendre vers ce Graal technologique.

Un autre est lié à l'utilisation de fibre optique, qui a cédé sa place à des ondes microondes, qui ont été récemment remplacées par des ondes millimétriques ou encore par des lasers.

Vers un nouveau flash crash ?

Dans cette course, tous les participants non humains sont calibrés pour réagir plus ou moins de la même façon.

En particulier pour déclencher des ordres d'achat ou de vente lorsque certains seuils sont franchis.

Et comme les seuils en question sont identiques à peu près dans tous les algorithmes, le trading à haute fréquence produit parfois des accidents, comme le flash crash du 6 mai 2010 à Wall Street.

Comme vous vous en souvenez certainement, ce jour-là, l'indice Dow Jones perdit près de 10% en 10 minutes (un record historique) et enchaîna des hausses et des baisses telluriques.

Les algorithmes ont simplement réagi à un important ordre de vente de contrats à terme sur le S&P 500, entraînant le marché dans une spirale de réactions et contre-réactions.
La séance clôtura sur un recul d'environ 3%.

Mais de l'espoir demeure pour l'investisseur humain, pour deux raisons.

La première : le Sommet 2014 début avril lui permettra de sortir de la masse et de trouver une stratégie qui correspond à ses objectifs ou à sa philosophie.

 

Deuxième raison : ces mêmes robots pourraient, comble de l'absurde, éduquer les traders à ne pas s'exciter pour rien (puisque de toute manière la partie est perdue d'avance).

C'est d'ailleurs ce que démontre cette deuxième étude* : après avoir étudié la taille et les directions des opérations sur trois des principales paires de devises (on parle donc ici du marché des changes), les auteurs concluent que les algorithmes n'augmentent pas la volatilité des cours, bien au contraire.

A l'évidence, ce serait plutôt les humains qui génèrent la plus grande proportion de la variance des performances.

Tout le monde connaît d'ailleurs dans son entourage des traders un peu surexcités, qui réagissent au quart de tour à la moindre nouvelle (sans importance dans 99% des cas).

Auraient-ils bu trop de café ? Les machines pourraient peut-être les calmer dans ce sens (sait-on jamais).

 

Les humains peuvent-ils comprendre les machines ?

Qu'on le veuille ou non, l'impact des robots traders est bien incontournable.

Au point que les auteurs de cette troisième recherche* recommandent avant tout de comprendre les machines – à défaut de pouvoir les maîtriser.

Oui, comprendre des machines conçues par l'homme.

Comblant ainsi un vide dans la recherche académique, ce papier écrit par des spécialistes de la finance comportementale (théorie au coeur de notre stratégie phare que vous connaissez déjà certainement) conclut que les performances des marchés ne sont plus déterminées par les comportements des traders, mais par les aspects comportementaux des projets de recherche et développement des systèmes de trading.

D'où l'intérêt de comprendre comment raisonnent les créateurs des robots. Stupéfiant, non ?

A ce propos, parmi la vingtaine de bonus (!) que les participants au Sommet recevront, l'un d'eux traite de ce sujet en particulier.

Il se nomme "Comment anticiper l'avenir de la finance : un guide pour l'investisseur intelligent décidé à tirer profit de la robotisation de notre futur plutôt que d'en pâtir".

Ma recommandation : le "slow investing"

Ma recommandation du jour est donc simple, mais cruciale : alors que la majorité des investisseurs tente, par tous les moyens, de battre le marché en étant le plus rapide possible, je vous conseille vivement d'y réfléchir à deux fois avant de réagir au quart de tour.

Ecartez-vous du "bruit" ambiant, visez des stratégies cohérentes, prouvées scientifiquement, où le gain de performance ne se calcule pas en nanosecondes mais en mois, voire en année.

Car, au fond de vous, vous savez pertinemment que l'objectif l'ultime est de viser des gains sur le moyen-long terme, non ?

Après le "slow food", la mode passera-t-elle au "slow investing" ? Du moins, vous connaissez mon point de vue sur la question.

 

» (…)

 

 

La crise actuelle pourrait bien sûr être résolue par des moyens déjà utilisés historiquement par ce système dans des contextes comparables: guerre(s), destruction massive des moyens de production et de la force de travail. Elle pourrait aussi durer longtemps dans un processus continu d’appauvrissement pour la plupart d’entre nous, secoué par des explosions sans issue, voire des conflits de tous contre tous (concurrence entre groupes, racisme…).

 

Mais on peut aussi penser que, pendant une crise grave prolongée, les automatismes sociaux, les habitudes, s’affaiblissent et disparaissent. Beaucoup de personnes pourraient remettre en question ce qu’elles considéraient auparavant comme naturel, inévitable. Et c’est bien pour cela que les crises sont potentiellement des moments de remise en cause du capitalisme.

 

Alors pourquoi cette analyse, qui est à peu près la seule à se trouver confirmée aujourd’hui par la crise récente, suscite-t-elle si peu d’attention? Pourquoi est-il si difficile d’admettre aujourd’hui que notre système est à bout de souffle? Avant tout parce que personne ne peut vraiment imaginer la fin du capitalisme. L’idée même suscite une peur panique. Tout le monde pense qu’il a trop peu d’argent, mais chacun se sent menacé. Or, c’est bien l’argent mais aussi la marchandise, le travail, la propriété et l’État, qu’il faut attaquer.

 

La disparition de cette société représente un tel bouleversement qu’on ne l’envisage pas nécessairement avec légèreté. Mais nous ne sommes pas condamnés à tenter de sauver l’économie qui chancelle et nous écrase. Nous pouvons contribuer à sa disparition. Pas pour le néant, mais pour un monde sans État et sans classes, un monde pour toutes et tous, sans exploitation ni domination.

_________________________

[1] Les antilibéraux rêvent de retourner à un Etat qui les protègerait du capitalisme alors même que la fonction de l’État est d’assurer son bon fonctionnement. Dans ces conditions leur politique aboutit simplement à des formes nouvelles de patriotisme économique, des mesures plus ou moins protectionnistes pour essayer d’empêcher les délocalisations, voire carrément au nationalisme.

Collectif de la Revue Internationale Sur la Crise – Paris

 

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Faites le deuil du monde d'hier, Les maîtres ne sont pas à choisir, mais à destituer !Les maîtres ne sont pas à choisir, mais à destituer ! 

 

 DE LA SERVITUDE MODERNE - YouTube, Crise aux pays des merveilles, Lien entre capitalisme et l’endettement - Antalya, La Finance imaginaire - Hensozu

 

BA Les Infiltres Vendredi Prochain 22H50 Sur France 2 [ Inédit ] Pôle Emploi entretien #1 - YouTube :  

Reportage "Ils luttent contre le chômage" - YouTube :57 min Enquête : "Pôle emploi : Peugeot-Sochaux, Cadences en Chaîne - YouTube : 53 min , Pôle emploi au coeur de la crise :

 



19/04/2014
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